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Artisanat local : tuilerie

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Situé au cœur de l'Entre deux Mers, Gironde  et ses alentours offrent une grande diversité de points touristiques

 

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L'artisanat local :      Tuilerie,      Viticulture

 

 

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Une terre entre deux mers

Des tuileries du Moyen-age aux méthodes industrielles du 20° siècle.

 

Difficile de retracer clairement l'évolution historique de ce métier séculaire. Peu de documents subsistent et les vestiges retrouvés sont rares.
Pour réunir quelques éléments de réponse, il faut faire appel à la mémoire vivante : les tuiliers en activité connaissent les vieilles techniques et les anciens à la retraite se souviennent. Les maires de Morizès et de Gironde sur Dropt se sont aussi intéressés au phénomène. 

 

Commençons par la base, le visage géologique de cette vallée du Dropt où se concentrent depuis toujours les tuileries de la région. A l'ère tertiaire (entre 25 et 40 millions d'années), le sous-sol du Haut Entre-deux-Mers actuel était recouvert par la mer. En se retirant, elle a déposé des matériaux argilo-sablonneux carbonatés, les molasses. Il en existe deux types, la molasse de l'Agenais et la molasse du Fronsadais, plus ancienne. 

 

Entre Monségur, Gironde sur Dropt et Eymet, l'argile (composante de ces deux molasses) recouvre en grande partie les plateaux calcaires. Ce n'est pas de l'argile pure, elle est sablonneuse. C'est cette " mauvaise qualité " de terre qui va permettre son exploitation.

 

Pas de tuileries sans rivières


Peu à peu, l'activité s'organise et les premières tuileries apparaissent, avec l'explosion de la demande, notamment celle de Bordeaux. L'expansion de la capitale girondine a eu une influence directe sur l'industrie de la terre cuite. Elle-même friande de terre cuite, elle commerce activement avec le monde entier grâce à son port. 

Comme Bordeaux, Gironde et Morizès doivent beaucoup à leurs fleuves, le Dropt et la Garonne. Gironde sur Dropt et Morizès sont situés aux confluents de ces deux voies navigables et en amont de Bordeaux. D'une manière générale, tous les charrois lourds jusqu'au XVIIIe siècle compris se faisaient de préférence par voie d'eau ; et lourds, tuiles et carreaux le sont !

 

Au 18° siècle, on dénombre un port à Gironde sur Dropt et trois points d'embarquement à Morizès (port de Barbe, Gademole et Labarthe). Certaines tuileries ont leur propre quai en bois (le pas). 

 

A la tuilerie Carlier, une des plus importantes de la  région mais fermée aujourd'hui, un chariot sur rail achemine la marchandise depuis le four jusque dans les gabarres. 

Sur ces bateaux en bois typiques de la région, tuiles, briques et carreaux partent vers Bordeaux et aussi vers l'étranger. Alger notamment, où l'on apprécie le travail des tuiliers de Gironde.

Mais le Dropt ne se laisse pas dompter facilement et l'histoire de sa navigation est sinueuse. Des dizaines de projets ont vu le jour pour le rendre navigable dans des conditions acceptables pour les derniers siècles. Ils sont souvent tombés à l'eau. 

 

Pour transporter des marchandises, il faut équiper le Dropt d'écluses, mais les investissements sont lourds et les travaux sont souvent abandonnés. Tout au début du 19e siècle, on invente même une machine à treuiller les gabarres, pour enjamber les barrages (il y en a 20 sur le Dropt entre la Garonne et Eymet). Délaissée également pour cause de non-rentabilité, la machine est remplacée par un nouveau projet d'écluses. Mais, l'arrivée du chemin de fer enterre définitivement la batellerie du Dropt.

 

Malgré ces soubresauts, l'activité fluviale sur le Dropt était très liée au transport de la production des tuileries. Carreaux et tuiles continuent à emprunter les voies fluviales jusqu'en 1918.  Les ateliers les plus proches de la Garonne ont d'ailleurs résisté plus longtemps que les autres. 

C'est au 19e siècle que l'activité est à son apogée. En 1880, on dénombre 160 ouvriers tuiliers, uniquement à Gironde sur Dropt : 120 hommes et 40 femmes. Une trentaine d'enfants participait également à la fabrication. Les hommes étaient payés 3 à 5 francs par jour, les femmes 2 à 2.5 francs par jour.

 

Tuiliers et agriculteurs


Jusqu'à l'arrivée des fours à gaz à la fin du 20° siècle, les fours ne fonctionnent pas toute l'année. On ne façonne les tuiles et les carreaux qu'entre avril et septembre car la terre, une fois moulée, doit sécher avant de passer au four. 

 

Ce séchage se fait par terre, à l'air libre, dans des prairies prévues à cet usage. La marchandise est ensuite stockée dans des séchoirs, sur des clayettes. 

Que ce soit dans les prés ou sur les clayettes, le séchage ne peut avoir lieu qu'en saison, hors gel. En effet, l'argile craint le gel, capable de détruire toute une production.


Du coup, on a donc d'autres activités en saison froide. D'abord, on prépare la prochaine production : extraire l'argile et stocker le bois pour le four. Et bien- sûr, on travaille aux champs, notamment à la vigne où on a besoin de bras pour la taille. 

 

Chaque agriculteur était tuilier ", affirme Didier Callede, le maire de Gironde sur Dropt. Cette double activité est tout à fait typique. 

Tuiliers ou fabricants de carreaux de Gironde ?
Deux produits pour le même métier, les mêmes techniques. " Les carreaux de Gironde ne sont arrivés que bien après les tuiles. Lorsque est apparue la notion de confort dans les maisons, les carreaux ont remplacé la terre battue ", estime Didier Callede.

 

Modernisation


Très peu d'informations subsistent sur les fabricants de carreaux de Gironde au 20e siècle. Ce qui est sûr, c'est que l'activité s'est considérablement ralentie. Entre le début et la fin du siècle, on est passé d'une centaine de tuileries à quatre, sur les deux communes les plus actives.

Avec les nouvelles normes européennes de cuisson à 1100° minimum (au 18e on montait à 900° en moyenne), seuls le savoir-faire local et la nature de la terre ont permis aux tuiliers de continuer. En effet, certaines terres ne supportent pas de telles températures ". 

 

Dans les années 80, les fours à gaz sont apparus. Plus petits, ils fonctionnent une à deux fois par semaine. Des séchoirs électriques ont permis d'étaler la production sur toute l'année, mais le gel reste la hantise des tuiliers.

Aujourd'hui, on voit apparaître d'autres utilisations de ce savoir-faire. Un designer industriel de la région, Philippe Richert, a eu l'idée de concevoir du mobilier urbain en terre cuite et notamment des bancs publics. " 

Ce qui m'intéressait, c'était l'extrême simplicité de mise en oeuvre : les gestes sont faciles à apprendre. Quant à l'outillage, il est rudimentaire et peu coûteux ". 

 

A Gironde sur Dropt, une dizaine de bancs mi-terre cuite mi-bois habillent le village et d'autres projets sont en cours comme des poubelles publiques. " Cette activité traditionnelle permet beaucoup de liberté même s'il faut respecter les contraintes physiques de l'argile. Mais il y a aussi le savoir-faire des tuiliers qui font preuve d'une grande capacité d'adaptation ".
Pour ses projets, Philippe Richert travaille avec la tuilerie Storme-Prouvost de Gironde sur Dropt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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